Je suis Damien, j’ai 26 ans, je suis ingénieur d’études .net et je n’aime pas les recruteurs de SSII

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Il y avait eu un article en juin dans le MagIt au sujet de l’image toujours très noire, pour les candidats, du travail des recruteurs de SSII. Encore hier, j’en échangeais avec nos consultants People Centric . Ca perdure crise ou pas crise. Ils me rapportaient les commentaires des candidats quand on leur présentait certains postes. Moi je relatais le coup de gueule de Damien que je connais bien et que j’ai appelé il y a quelques jours pour un poste. C’est brut de brut mais ça pose de vraies questions.

 

Je suis Damien, j’ai 26 ans, je suis ingénieur d’études .net et je n’aime pas les recruteurs de SSII.

 

Quand je suis sorti de mes études, j’ai simplement mis mon CV sur Monster. Rien de plus. C’était excitant. J’ai eu 40 appels par semaine et autant de propositions de RDV. Ma mère me prenait pour un demi-dieu. Au téléphone, de gentilles filles, recruteurs de SSII, trouvaient déjà mon CV à potentiel. J’en aurai presque fait un métier de rencontrer tous ces gens sympathiques, et de faire parfois quelques tests souvent médiocres.

 

J’ai vite signé et j’ai lentement déchanté. La première mission, je suis rentré dans une usine de prod. On m’a dit qu’effectivement, ce n’était pas réjouissant mais qu’on avait rien d’autre pour l’instant à me proposer … mais blabla que mon CV était sur le dessus de la pile. La troisième mission dans une autre SSII, recruté sur le même processus, on m’a vendu que, comme tous les éléments de valeur, on prendrait soin de moi en me rencontrant au moins une fois par mois pour faire le point. Je n’ai vu personne.

 

La cinquième mission – j’y suis toujours -, je suis payé par une SSII dont le nom n’évoque rien à personne, qui me vend à une autre, pour un client final pour le coup fun et à la mode. J’ai l’impression d’être un pion depuis 4 ans, un matricule sur une fiche de paye ou dans un timesheet. Docile, je m’étonne encore d’avoir fait plusieurs demi-nuits blanches cette année, pour des livraisons. Je souris quand on me dit que je n’ai pas fait de cooptation cette année. Mais même à 500 ou 1000 euros la reco, c’est pas cher payé si c’est un bon ami.

 

En fait, personne ne me demande si je le vis bien et ce qui m’intéresse vraiment. C’est pourtant si simple. Je ne réponds plus aux appels de ces recruteurs novices en IT, qui me convoquent dans de sombres bureaux de business center. J’ai même eu droit à l’algeco dans une zone pavillonnaire pour un soit-disant employeur de 150 tech.

 

J’en ai assez de faire l’ouvrier high-tech des temps modernes. J’ai bien réfléchi. Ce qui me fera bouger la prochaine fois, c’est 1) un projet qui m’excite, une appli, une techno, avec au moins un feedback client si ce n’est un contact client 2) une équipe que j’aurai rencontrée et qui me plait 3) chez un client final qui pense à me faire grandir en compétence 3) et bien sûr du salaire et une localisation acceptable à une heure de trajet max. Je me suis dit que je suis même prêt à me risquer dans une start-up pourvu que le fun y soit, avec des conditions acceptables évidemment.

 

Laurent Clementz
Managing partner
People Centric

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