Le manager excellent

Contrairement à la croyance répandue selon laquelle un manager excellent doit être aussi un leader suivi inconditionnellement par les subalternes, les 5 ans de recherche menée par l’équipe de Jim Collins, l’auteur de littérature économique le plus lu du monde, viennent à changer dans une certaine mesure cette perception. 

Le livre « Good to great: Why Some Companies Make the Leap…And Others Don’t » (« Bon à excellent : pourquoi certaines entreprises font le saut… et d’autres pas »), publié en 2001, représente le travail intense d’une équipe de recherche qui a analysé 1,435 entreprises avec de bons résultats économiques, en suivant leur parcours et performance pendant 40 ans. Parmi les entreprises investiguées, l’auteur a identifié 11 entreprises qui semblent avoir atteint l’excellence dans les affaires. Toutes ces entreprises ont eu des leaders de niveau 5 (excellents) dans des positions clés pendant les années de transition.

L’un des éléments analysés a été aussi le comportement du management de ces entreprises. Les résultats ont été surprenants, c’est-à-dire même les managers de top se sont révélés de personnes assez « discrètes » et humbles, loin de l’image de succès du leader qui incarne l’image de l’entreprise.

En plus, l’auteur le trouve difficile d’identifier de managers de succès qui aient aussi la capacité d’être de bons leaders. L’histoire des cas étudiés nous a montré que, dans le temps, les entreprises gérées par les managers-leaders ont resté au niveau de bonnes, sans être capables d’avancer au niveau d’excellentes.

Dans la plupart de cas, ça s’expliquait par le fait que la disparition du leader (démission, retraite ou décès) créait un vide au niveau du management de l’entreprise. Il s’agissait de deux situations : soit l’entreprise rencontrait de problèmes à trouver un remplaçant, soit, une fois qu’il atteignait une position très influente, ce leader se concentrait plutôt sur la promotion de sa propre image que sur celle de l’entreprise qu’il conduisait.

L’auteur identifie aussi les deux caractéristiques essentielles d’un manager excellent : une modestie irrésistible et une forte volonté professionnelle.

1. Une modestie irrésistible
Il y a des cas quand les managers de succès qui ont écrit de l’histoire dans le monde des affaires refusaient à offrir d’entrevues sur leurs réussites professionnelles. De plus, ils ne s’attribuaient jamais les performances exceptionnelles de leurs entreprises, en les considérant plutôt le résultat du travail en équipe.

2. Une forte volonté professionnelle
Les managers excellents sont des personnes extrêmement ambitieuses qui concentrent leur ambition à l’intérêt de l’entreprise et non pour son propre intérêt. Ils « sentent un élan fantastique, un besoin incurable de produire de résultats durables. Ils sont déterminés à faire ce qu’il faut pour que l’entreprise soit excellente, peu importe les décisions difficiles qu’ils doivent prendre à cette fin.» (J. Collins, 2012, 60)

L’étude a aussi révélé que la plupart de managers qui ont atteint l’excellence provenaient de l’interne (10 de 11 directeurs générales excellents), étant des employés avec de l’ancienneté.

Dans un article pour la prestigieuse revue Fortune, Jim Collins établit le top 10 premiers managers excellents dans l’histoire des affaires.

Est-ce que ces caractéristiques sont aussi valables dans la nouvelle ère basée sur le culte de la personnalité de succès du leader d’une organisation ou seulement une radiographie du management efficace des dernières années ?

Source :
Collins Jim, « L’excellence dans les affaires », Ed. Curtea Veche (2012), p.60.

Auteur : Loredana Patrutiu

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